Centre de Recherche pour la Biodiversité et l'Environnement. UMR 5300, Toulouse
Le projet PLASTIZEN consiste à mesurer la différence de dégradation entre un échantillon de sac en plastique « biodégradable » et un échantillon de sac en plastique « conventionnel », enterrés dans votre sol pendant 3 mois. Cette expérience permet de relier la dégradation de ces plastiques à la santé écologique des sols, évaluée grâce au suivi de la dégradation de deux sachets de thé (protocole du Tea Bag Index).
Avec des établissements scolaires dans toute la France, Plastizen cherche aussi à évaluer l’impact de facteurs écologiques tels que la température, le type de sol et son pH sur cette dégradation. Cette expérience est également associée à deux questionnaires qu’il faut aujourd’hui adapter et visant à mieux connaître les représentations des élèves concernant les plastiques et leur engagement sociétal. Les ateliers seront l’occasion de donner au projet PlastiZen une visée à la fois pédagogique et scientifique autour de la question des plastiques.
Lors de cet atelier, enseignant·e·s, chercheur·se·s et élèves pourront échanger autour de l’objet de recherche participatif PlastiZen l’objectif sera de co-construire une charte de fonctionnement commun pour un bénéfice mutuel, propositions pour l’application existante, comment faire circuler de l’information efficacement, comment produire de la donnée qualitative…
Intervenant·e·s :
Arthur Compin. Ingénieur de recherche CNRS au Centre de Recherche pour la Biodiversité et l’Environnement (CRBE)
Clémence Pierrard , Volontaire Service Civique
Présentation de l'atelier
Lors de cet atelier, les participant·e·s ont découvert Plastizen, un programme de sciences participatives sur la dégradation des bioplastiques. Les personnes présentes étaient des élèves de collège et de lycée.
Elles ont été invitées à faire des retours sur le protocole, l’application web et à proposer des pistes d’amélioration.
Piscine d’images : représentation du plastique dans nos imaginaires
Pour découvrir la thématique de l’atelier et faire connaissance, les personnes participant·e·s ont été invitées à piocher une image parmi des cartes postales, des magazines, des photographies …
Puis à tour de rôle, elles ont partagé en quoi l’ image représentait selon elles la pollution plastique. L’occasion de discuter avec les participant·e·s de leur représentation du plastique et d’évoquer les sujets des microplastiques, de l’omniprésence récente du plastique (dans la forêt, la plage, la mer, les rivières, nos vêtements…) de l’impact de la pollution sur les animaux, du traitement des déchets …
Une personne a indiqué “la terre meurt à cause de la pollution”. Un très bon exercice pour se rendre compte du degré de sensibilisation à la problématiques des plastiques des élèves et permet également d'adapter le discours pour la suite de l’exposé.
Présentation de PlastiZen
Avant de passer à la phase de co-construction, l’équipe de PlastiZen a présenté le projet. PlastiZen est un projet de science participative destiné à évaluer la dégradation des plastiques dans le sol des particuliers ainsi que les facteurs de cette dégradation.
Les élèves ont pu poser des questions sur le protocole et commencer à réfléchir à ce qu’iels souhaiteraient proposer comme amélioration.
Les environnements favorables à la dégradation
Pour continuer de booster la créativité et l’imagination sur les plastiques, les personnes participantes ont dessiné un endroit de leur établissement ou de leur quotidien où elles aimeraient enterrer les plastiques de l’expérience.
Puis, par groupe, elles ont classé les dessins de l’endroit où le plastique se dégraderait le moins bien à celui ou il se dégraderait le mieux.
Sur la Lune, sur Mars, à la plage, sur les rives de l’orne, dans des pots de fleurs au collège, ou sur les rives de l’orne, les élèves ont ensuite échangé sur les facteurs qui pouvaient influencer la dégradation des plastiques, comme par exemple la chaleur, l’humidité, le piétinement, artificialisation des sols ou la biodiversité des sols.
Le futur de PlastiZen
La matinée s’est terminée avec un atelier de notation de dégradation des plastiques. Les participant·e·s se sont rendus sur la terrasse du Dôme où des sachets contenant soit du plastique conventionnel, soit du plastique biodégradable, soit un sachet de thé avaient été enterrés en amont de l’atelier.
Tour à tour les élèves ont choisi un sachet à déterrer et ont pu noter l’état de dégradation du plastique déterré. Iels se sont rendu·e·s compte que les plastiques conventionnels ou biodégradables et même le sachet de thé n’étaient pas dégradés.
Ensuite, iles ont pu déterminer le pH du sol du Farmbot grâce au protocole de calcul de pH de l’expérience PlastiZen. Tous les groupes ont trouvé un pH entre 6 et 6,5.
Après cet exercice, les personnes participantes ont été amenées à réfléchir à l’amélioration de l’application web. Comment faire une application attractive, qu’est ce qui fait que nous choisissons une application ou que nous restons sur un site web ?
De la couleur pour attirer l’oeil, un site clair, lisible et fluide
Toutes les personnes participantes ont mentionné l’importance des couleurs. Pour la majorité, il faut des couleurs sobres et limitées pour ne pas perdre les utilisateur et utilisatrices, ce que fait bien PlastiZen.
Pour un petit groupe, des couleurs plus marquées permettent d’attirer l'œil et de dynamiser le site. Avoir un site clair, organisé, avec des informations précises, des phrases courtes, des mots simples sont indispensables pour les élèves. Les termes techniques ou scientifiques doivent être définis. Les retours ont été très positifs sur l’application de plastiZen, il semblerait qu’il n’y ait pas besoin de faire beaucoup de modifications.
Du contenu multimédia pour expliquer le protocole
La quasi-totalité des personnes présentes a indiqué qu’il manque des vidéos et des photos sur l’application. La première piste serait d’ajouter une vidéo explicative du protocole et un tutoriel pour l’utilisation du matériel. Elles ont également proposé l’ajout de vidéos pédagogiques pour expliquer des notions.
Elles ont aussi indiqué qu’il pourrait être intéressant que chaque personne qui participe post des photographies du lieu où le plastique est enterré pour faire une grande cartographie participative. Cette idée fait écho avec une proposition de l’atelier de la veille avec les enseignant·e·s. Une discussion a également été lancée par une participante sur les données personnelles, elle souhaiterait qu’il n’y ait pas de demande de cookies sur l’application.
Les plastiques biodégradables sont-ils vraiment dégradables ?
Les élèves ont noté 5 photos de plastiques issus des expériences de participant·e·s. Pour chaque plastique, les notes attribuées étaient identiques ou très peu différentes. Les élèves ont calculé la moyenne des notes pour chaque plastique. L’atelier a permis de comprendre qu’il faut mieux conserver la note donnée majoritairement plutôt que de calculer une moyenne.
Cette information constitue donc un apport que PlastiZen n’avait pas imaginé au préalable. Les élèves ont également pu observer en direct sur un ordinateur les mesures de température enregistrées par le capteur communicant disposé à distance dans le farmbot sur le toît du Dôme.
Ce serait génial si PlastiZen était interactif
Les personnes participantes ont indiqué l’importance de faire communauté, en créant une cartographie, en organisant des rencontres, des webinaires …
Elles ont précisé que les phases d’interactions pourraient permettre de créer du lien et un fil conducteur entre la phase d’enfouissement des plastiques et les différentes photos prises tous les mois.
Et si toutes les personnes inscrites à ce programme partageaient des photos de leur lieu d’enfouissement et leur type de sol, leur mesure de PH, la température et l’humidité pour faire des comparaisons entre les participant·e·s ? Et si des résultats en temps réel étaient fournis et que des fiches personnalisées étaient envoyées à chaque personne pour indiquer la nature du sol où le plastique a été enterré ?
PlastiZen pourrait également permettre d’organiser des partenariats avec des centres culturels pour faire des ateliers complémentaires sur la thématique.
Ce serait génial si PlastiZen permettait de fournir des ressources pédagogiques sur le plastique.
Et si PlastiZen n’était pas seulement qu’une expérience mais un parcours pédagogique sur toute l’année scolaire. Les enseignant·e·s ont mentionné leur souhait d’avoir des vidéos explicatives, des fiches pédagogiques sur des notions importantes du projet et des jeux comme Sobble qui permet de découvrir la thématique du sol.
Comment limiter la pollution plastique ? Quels sont les enjeux sociétaux et les politiques publiques mises en place ? Quelles études réalisent les scientifiques ? Pour répondre à toutes ces questions les classes pourraient participer à des rencontres avec des scientifiques, des visites de centre de tri ou d’industriels du plastique. Les enseignant·e·s souhaitent un accompagnement dans le projet, une aide pour analyser les résultats.
Ce serait génial si PlastiZen permettait de sensibiliser à l’esprit critique
Et si grâce à PlastiZen, les élèves pouvaient réfléchir aux problématiques autour du plastique ? Les enseignantes ont indiqué qu’il était primordial que les élèves participent à des débats et des rencontres pour se questionner et découvrir la complexité des questions autour du plastique (enjeux économique, politique et sociétaux).
Les élèves pourraient commencer par agir sur leur établissement, en organisant avec les éco-déléguées des événements et animations autour de cette thématique.
Et si les établissements devenaient des laboratoires d'analyses de la dégradabilité
À ce jour, les enseignant·e·s ne peuvent commander qu’un seul kit à enfouir à la fois, les participant·e·s ont exprimé leur souhait d’en commander plusieurs pour que les élèves puissent vraiment prendre part à l’expérience.
Elles ont proposé de lancer des campagnes d’enfouissement en début d’année scolaire et en janvier pour que les élèves puissent participer à toute l’expérience.
Les enseignantes de lycée agricole ont partagé leur motivation à intégrer des analyses physico-chimiques à des laboratoires du lycée et ont proposé de faire l’expérience sur 2 ans pour avoir un suivi complet de l’expérience.
Les personnes participantes ont proposé d’intégrer à l’application des ressources pour inciter à suivre d’autres programmes de sciences participatives à la fin de PlastiZen. Elles ont également proposé que le questionnaire de départ soit collectif et celui de fin individuel pour analyser le ressenti des élèves.
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