Langue des signes et apprentissage

image
📢
Partenaires

Territoires Partagés

đź’ˇ
Porteur·se·s de projet

Le DĂ´me

đź“…
13/04/23
đź“Ť
Le DĂ´me
âť”
La langue des signes française (LSF) peut-elle aussi être bénéfique aux apprentissages des personnes sans contraintes d’audition ?

L’association “des Mots de Mains” (dMdM) est un collectif qui regroupe des sourds et des entendants, des familles et des professionnels de la petite enfance, du handicap, et de la pédagogie.

Une hypothèse est formulée par les animatrices et formatrices de dMdM : La langue des signes permet-elle une meilleure appréhension du langage auprès de certains publics, notamment des publics non parlants (très jeunes enfants ou enfants et adultes souffrant de troubles cognitifs) ? C’est en tout cas la conviction qu’elles ont forgé sur le terrain !

L’association souhaite désormais apporter des éléments scientifiques pour confirmer ou infirmer cette hypothèse. Cet atelier TURFU constitue un premier pas vers cette recherche en apportant une première expérimentation sur un public adulte ne présentant pas de troubles particuliers.

L’atelier sera l’occasion d’échanger avec les publics, de les sensibiliser aux problèmes de communication, à la prise en compte de certains handicaps, à l’existence de techniques de communication alternatives (non parlées), mais aussi de recueillir leurs ressentis, leurs avis, leurs expériences de vie sur le sujet.

Par la suite, l’association souhaite soumettre cette hypothèse à des chercheurs en neurosciences, pour tenter de comprendre ce qu’il se passe dans le cerveau d’un individu lorsqu’il reçoit un récit signé plutôt qu’un discours oralisé.

INTERVENANT·E·S :

  • Audrey Gastebois
  • Arnaud Rioual
image
image

La langue des signes

Audrey Gastebois et Anaïs Nourry de l’association des Mots de Mains ont constaté dans leurs pratiques d’ateliers auprès de certains publics présentant des troubles de l’attention ou des troubles cognitifs que l’usage de la Langue des Signes Française (LSF) et de supports imagés permettait d’améliorer significativement la qualité de compréhension et de communication de ces publics.
image

Et si elle aidait Ă  communiquer avec des publics atteints de troubles cognitifs ?

Souhaitant aller plus loin que cette première observation de terrain, elles cherchent aujourd’hui à étayer cette hypothèse en se tournant vers les neurosciences, en cherchant par exemple à savoir si la structure multidimensionnelle (spatiale et temporelle) et la grammaire particulière de la LSF, très différentes de celles propre à la langue française (écrite et parlée) sollicitait des zones particulières du cerveau et pourrait ainsi faciliter la compréhension d’un récit pour certaines personnes.
Pour lancer le début de leur travail de recherche sur le sujet, elles ont invité Fausto Viader, neurologue à l’Université de Caen, à les accompagner durant les deux ateliers du TURFU Festival.
image

Langage et cerveau

L’atelier débute par une mini-conférence durant laquelle Fausto présente notamment les différentes zones du cerveau mobilisées lors de la production du langage et lors de sa réception. Cette mini-conférence est simultanément traduite en LSF par Audrey.
image

Récits signés

S’ensuit un échange avec le public puis la trentaine de participant·es est divisée en deux groupes, le premier participe à deux récits imagés et signés (LSF) par Audrey et Anaïs puis à un récit raconté en langue française par Alain Beaumont (des Mots de Mains). Le second groupe assiste en parallèle à ces trois mêmes récits racontés mais cette fois-ci  accédera au contenu des deux premiers en langue française et à celui du  troisième en LSF.

Le premier récit est un conte (Les trois plumes, conte de Grimm). Le second, un texte de vulgarisation scientifique sur l’activité terrestre. Et le dernier une introduction économique et sociale au concept d’allocation universelle.

image

Etudier le degré de compréhension

image
A la fin de chaque récit les participants remplissent un questionnaire qui permet d’estimer le degré de compréhension moyen de chaque groupe, selon qu’il ait été signé ou raconté à l’oral et selon le caractère plus ou moins figuratif du propos traité.

Debrief de l’atelier

image
L’atelier se termine par un débrief d’une vingtaine de minutes où chaque personne a pu faire remonter la façon dont elle a vécu ces trois expériences, les difficultés rencontrées, les points positifs et négatifs de la réception en langue des signes pour une personne entendante.

Fausto a pu apporter des explications neurologiques à ces remontées du public.

Audrey et Anaïs ont noté toutes les remarques et repartent avec de nombreuses informations qui seront précieuses lors de la construction du protocole expérimental de l’étude qu’elles souhaitent initier.

đź“·
Crédits photo : Arnaud Rioual
image
J
J’ai participé au Turfu Festival 2024
image
image